Le processus de réalisation

Publié le par Dominique Bauwens

Toute constitution d’un réel est la résultante de mécanismes de pensée selon une arborescence du type suivant :

Pensée de type rationnel ( sujet-comportement / objet-comportement)

Pensée de type irrationnel

Avec lieu (localisation d’une Raison)

Sans lieu

Raison dans la chose

Raison hors de la chose



Raison contiguë

Raison non contiguë



Causalité

Structure

Mana

Champ









On nous fait croire que les sciences qui s’occupent de l’analyse de la matière inanimée sont des sciences exactes alors que celles qui s’occupent de la matière animée et plus précisément humaine sont des sciences moins objectives. Or, justement, l’objet de la science est construit sur le mode métaphorique du sujet de la science : on attribue à l’objet, à la chose les mêmes propriétés attribuées au sujet de la science, le scientifique. Ainsi, l’objet est ramassé autour d’une nature comme le sujet. Le sujet dispose d’un Moi qui l’unifie et l’objet, la chose dispose d’une consistance comparable qui l’unifie. Il est un. Par ailleurs, l’objet dispose d’un comportement de la même manière que le sujet. L’objet est enceint par un comportement qui en limite l’ordre des possibles. L’objet est sommé de se comporter selon son être unifié. Ainsi en est-il de la technique (cfr. Heidegger et le Rhin).

La raison du comportement de l’objet est située à l’extérieur de lui alors que la raison du comportement du sujet est situé en lui (le Moi) : voilà la grosse différence !

Tant qu’il n’y a pas de détermination d’un lieu d’origine d’un phénomène, on demeure dans l’irrationnel, dans l’indétermination ou dans la religion (Dieu comme instance ubiquitaire). La localisation de la logique, du mécanisme d’un phénomène, d’un événement assure sa chosification, son objectivation. D’où l’intérêt de la détermination de lieux comme le Moi-conscient, le Moi auquel s’adresse l’hypnotiseur etc.

Le Moi-conscient est un construit de la même manière que l’objet des sciences. Déconstruire les mécanismes de construction de ces objets et de ces sujets permet de les relativiser, de les dénaturiser, déontologiser comme allant de soi, comme des donnés. Rien ne se donne.

Tout est toujours construit à l’intérieur d’une logique et c’est le défrichage des logiques possibles que l’homme historiquement déterminé a à disposition qui permet de comprendre les raisons d’un construit. Ainsi, la causalité s’explique comme négation de l’action à distance : dans le même temps qu’elle ramène les phénomènes à ce qui leur est contigu, elle les coupe de ce qui leur est éloigné et interdit ainsi que l’éloigné devienne principe d’explication. Dans la logique, rien n’est innocent : la logique dichotomique est ainsi procédé commode d’éviction puisque lorsqu’on opte pour un des termes, on évince l’autre. De même pour le tiers exclu. L’exclusion est au cœur même de la logique. L’exclusion est au cœur même du rationnel. Le réel est ainsi directement construit sur base d’exclusions successives balisées par la logique, sous la juridiction de la logique. C’est ce qui est patent lorsqu’on lit « Les somnambules ».

L’exclusion est au cœur même de la réduction. Toute théorie est réductionniste ; elle élimine puis ramène à quelques concepts un ensemble de phénomènes ad hoc, purgés de leurs épiphénomènes, du superflu. Le réductionnisme mathématique est le plus achevé dans l’élimination de ce qui le déborde.

La praxis axiomatique et logique sont des comportements d’une radicalité qu’on a difficile à concevoir concrètement. Leur action est plus effective que le nettoyage, l’épuration, la destruction etc.

Ex : détruire c’est pulvériser c-à-d disperser ce qui était rassemblé en un lieu. Détruire quelque chose n’assure jamais qu’on l’ai absolument fait disparaître. Par contre, lorsqu’on choisit une branche d’une alternative logique, l’autre branche est, dès ce moment, absolument escamotée et disparaît à jamais. La généalogie seule permet en remontant le temps de la faire réapparaître. C’est ici également un lien logique, généalogique, un lien temporel, axé sur un processus qui assure la réapparition du disparu. Dès lors que les liens généalogique sont coupés et que les processus se transforment en simples successions d’états discontinus, toujours actuels (évacuation de la mémoire des choses), l’actuel devient éternel et on ne pourra plus replacer l’étant au sein de la logique des possibles.

 

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Publié dans philosophie

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